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mardi 27 janvier 2026

Vetril Dease – Artiste d'art Brut de fiction



Le critique d’art Morf Vandewalt (Jake Gyllenhaal) devant un tableau de Vetril Dease

Sorti en 2019 et réalisé par Dan Gilroy, Velvet Buzzsaw est un thriller fantastique et satirique qui se déroule dans le milieu cynique et spéculatif de l’art contemporain à Los Angeles. Le film commence lorsque l’employée d’une galerie de renom découvre, dans l’appartement foutraque d’un voisin récemment décédé, une série de peintures singulières. Très vite, tous les acteurs du marché de l’art s’emparent de cette œuvre mystérieuse, attirés autant par sa force esthétique que par les profits qu’elle promet. Mais à mesure que les toiles se dispersent dans les galeries, les expositions et les appartements de luxe des collectionneurs, des morts surnaturelles adviennent, toutes liées au contenu des peintures. 

Cette oeuvre maléfique est celle de Vetril Dease.

Toiles brulées dans la cheminée de Vetril Dease
Vetril Dease chez lui

Vetril Dease apparaît pour la première fois dans les registres de Los Angeles en 1930. Il vit alors avec sa mère, son père et sa petite sœur dans un foyer pour déshérités. Neuf ans plus tard, la maison familiale est ravagée par un incendie dans des circonstances troubles. Sa mère et sa sœur y périssent, laissant Dease seul avec son père violent et abusif. Face aux mauvais traitements que subit Dease, les services sociaux le placent à l’orphelinat Good Templars, à South Vallejo. Il y reste jusqu’à ses 18 ans. Il effectue ensuite deux ans de service dans l’armée. Profondément marqué par la dépression et obsédé par son passé, il se met à la recherche de son père. Il le retrouve, le séquestre, le torture pendant plusieurs jours et finit par le brûler vif.
Il se fait arrêter et il est interné pendant près de vingt ans dans un asile psychiatrique pour criminels pathologiques. Il y subit diverses expériences médicales (injections, électrochocs…). À la fermeture de l’établissement, Dease s’installe à Los Angeles et trouve un emploi de concierge à l’hôpital pour vétérans de Sawtelle. Il y travaille pendant quarante-deux ans, menant une existence marginale : sans voiture, sans compte en banque, isolé de tout contact social.

Les peintures de Vetril Dease sont réalisées à partir de pigments mêlés à son sang, utilisé pour les rouges profonds et les ombres. Comme s’il avait infusé sa souffrance dans la matière picturale. Dease aurait laissé pour consigne de faire détruire l’ensemble de sa production à sa mort.

Dans cet article, Kayleigh Donaldson compare le peintre de fiction Vetril Dease à Henry Darger.
Les 27 toiles utilisées dans le film ont été peintes par l’artiste contemporain Saxon Brice, sur une commande précise de la production du film. (source)



jeudi 8 décembre 2016

Pochettes de cassettes africaines

Depuis près de 12 ans, Brian Shimkovitz, du site Awesome Tape from Africa, met à disposition du net (en téléchargement gratuit) les trésors musicaux des cassettes africaines. Tropicalizer ne peut que vous encourager à découvrir tout l'univers de cet ethnomusicologue, dj et patron de label de génie. L'occasion ici de se réjouir les yeux des splendeurs et audaces graphiques des pochettes de ces cassettes.

























mercredi 14 septembre 2016

Los Angeles par Dov Charney

Dov Charney, l’ancien boss et créateur de la marque d’habit American Apparel, réalise un remarquable travail photographique sur l’iconographie populaire des commerces de Los Angeles. (Dans un autre registre, il est aussi l’auteur (photographe) de certaines des campagnes publicitaires American Apparel.) Sur son site That’s Los Angeles, il recense avec précision fresques murales, devantures de magasin, de taqueria, enseignes peintes à la main et autres bijoux issus du graphisme populaire et vernaculaire. Une explosion de typographies (tantôt assurées et sophistiquée, tantôt bâclée et rude), de couleurs (vives ou passées), de slogans (efficaces), le tout exhalant un artisanat de rue foisonnant et spontané.
Sur le compte instagram dovcharney_la, en dessous de chaque photographie, sont indiqués le lieu (souvent l’adresse exacte) et la date. Dov Charney rajoute des commentaires lapidaires (généralement il reprend ce qui est écrit sur la photo, comme pour encore plus attirer l'attention) dans lesquels on peut sentir une vraie passion pour cette culture populaire et un plaisir à trouver des trésors là où d’autres ne voient que l’ordinaire. Un plaisir aussi à les montrer. Des décorations mexicaines exubérantes aux signes codifiés des barbershops, en passant par toute la diversité de ces petits commerces, c’est un L.A. singulier qui nous est présenté, loin de Beverly Hills : le L.A. des immigrés (Legalize L.A.) et des quartiers (Sylverlake, Westlake, South central, Boyle Heights, East Los Angeles, Florence Firestone, Manchester, Downtown, Echo Park…).
Tropicalizer vous propose une large sélection de ces clichés (plus de 700 à l’heure actuelle sur instagram). Il semblerait que cette iconographie soit un signe annonciateur de la venue d’une nouvelle marque d’habit… en tous les cas, en dehors de toute considération marketing, c’est un beau regard sur la cité des anges que nous propose Dov Charney. Photo courtesy: Dov Charney

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